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 Le cordonnier et l'écrivain public

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MessageSujet: Le cordonnier et l'écrivain public   Ven 31 Oct 2014, 15:42

Ou comment l'amour peut résoudre des problèmes.

Je m'appelle Jérôme. J'ai quarante ans, et il y encore deux ans, j'oubliais l'accent circonflexe de mon propre prénom.
Vous l'avez deviné, je suis un ancien illettré.
J'habitais dans un petit village, un lieu-dit devrais-je dire, dans le Morvan, même pas sur les cartes. Je n'aimais pas l'Ecole, on m'a traité de gros, et de toutes les insultes possibles, et ce depuis le CP. Les enfants etaient tous minces, et à chaque fois que je voyais un mot qui pouvait me designer, je n'arrivais pas à le lire. Cela me le faisait aussi avec les mots qui me donnait faim. Du coup, quand on me disait que Jérôme rimait avec arôme, je faisais tout pour ne pas écouter.
Par contre, j'étais doué en mathématiques: comment utliser l'argent de poche de mes parents pour me gaver de bonbons en cachette, combien de goûters je devais racketter pour me venger de ces idiots de grossophobes...
Ma puberté fut tardive, et je ne comprenais pas que quelque part, j'aimais etre gros. Comment pouvais-je aimer être ridiculisé au point qu'une fille me montre que j'avais des seins, des moobs comme on dit, en le prouvant par un bonnet B qui m'allait?
J'ai mis une droite à un troisième qui se moquait de moi, en cinquième à quatorze ans, puis ai été renvoyé du college puis placé de force en alternance.
On voulait que je sois éboueur, pour oublier l'échec du système éducatif me concernant.
J'ai vécu chichement pendant une bonne partie de ma vie, dans une masure mal isolée, c'était le sort réservé à l'idiot du village.
Il y a deux ans, un collègue remplaçant mon binôme, voit ma fiche de paie.
"Tu te fais arnaquer Jérôme, ton contrat n'est pas en règle."
Je ne voyais que les chiffres, et ils me permettaient de rester gros.
Quand j'ai compris qu'ils auraient dû être plus élevés, j'étais furieux, à part celui qui est devenu mon meilleur ami et moi, personne ne travaillait sérieusement. Mes différents binômes ne tenaient pas le choc.
Le maire me convoque, m'explique pourquoi il ne peut pas tenir compte de mon ancienneté, et me donne le numéro d'une formatrice pour adultes à Auxerre. Je n'ai pas de voiture. On me conseille le bus. On veut que je m'en aille. Tant pis pour eux.
La femme que je vois est mince et rousse, comme je les aime. Elle n'est pas condescendante, elle me comprend.
Elle voit mes chaussures. Elles avaient vingt ans à l'époque. Je savais les racommoder, et avec une bedaine comme la mienne, c'est du boulot.
Elle me propose une VAE de cordonnier, soufflée par paraît-il un vrai talent.
Au bout de quelques mois, elle devient de moins en moins professionnelle, mais de plus en plus sympathique, elle souhaite me voir, et je comprends enfin l'impensable: elle est amoureuse de moi!
Et alors que je n'avais fait aucun progrès jusque là en orthographe, tout se débloque. J'ai envie de l'impressionner, et ça marche.
Et quand je parade au bras de cette intellectuelle, et jolie en plus, dans mon village, le silence s'est fait. Et au lieu de se moquer de moi, je vois de la jalousie dans leurs yeux.
Le lendemain de mon retour à la campagne, je vais au bistro du centre-bourg,
Je remplis ma grille de loto.
À l'annonce des résultats, Paris m'appelle. Je suis gagnant au rang 2, je peux m'acheter une maison pour y établir mon amour et une cordonnerie.
Un jour, Sylvie, celle qui est maintenant ma femme, me dit:
"Je suis jalouse de toi.
-Pourquoi? J'aimerais tellement être grosse. Je mange autant que toi et je ne prends pas un gramme. Laisse-moi te gaver, tu grossiras pour deux."
J'accepte, m'etonnant moi-même de cette décision.
Dix kilos après, une femme tout bonnement énorme passe à peine la porte de notre boutique. Je comprends tout de suite. Des chaussures sur mesure. Pointure 39 1/2, extra larges, cuir vachette, semelle orthopédique renforcée.
Elle me lance en partant: vous devriez lancer un site internet.
Je finis par me lasser de cette prise de poids à sens unique. Jusqu'à hier mon quarantième anniversaire.
Jérôme!
Pour une fois, je crois que ma gourmandise se verra!
Une seule chose me permettrait de te croire. Non! Tu es...
Oui! Enceinte! De jumeaux!
Tu vas avoir un ventre aussi gros que le mien, hehe!
Mon histoire est terminée, je vis heureux avec ma femme qui me laisse enfin accepter mes cent quarante kilos sans avoir à m'empiffrer par procuration.
Elle a décidé de devenir écrivain public du canton. Et m'a conseille d'aller sur un site, un peu étrange à mon goût.
Alors comme ça, je suis un BHM, plus ou moins un gainer et elle veut que je sois feedee? Et elle une feeder, une FFA et une gaineuse frustrée? Intéressant...
Si vous voyez des fautes, soyez indulgent, et envoyez leur un MP.
Jérôme, un gros qui compatit devant ceux qui bataillent contre les lettres.

Devinez ce qui m'a inspiré cette fiction... Razz
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MessageSujet: Re: Le cordonnier et l'écrivain public   Ven 31 Oct 2014, 16:10

fossilman232010 a écrit:
Ou comment l'amour peut résoudre des problèmes.

Je m'appelle Jérôme. J'ai quarante ans, et il y encore deux ans, j'oubliais l'accent circonflexe de mon propre prénom.
Vous l'avez deviné, je suis un ancien illettré.
J'habitais dans un petit village, un lieu-dit devrais-je dire, dans le Morvan, même pas sur les cartes. Je n'aimais pas l'Ecole, on m'a traité de gros, et de toutes les insultes possibles, et ce depuis le CP. Les enfants etaient tous minces, et à chaque fois que je voyais un mot qui pouvait me designer, je n'arrivais pas à le lire.  Cela me le faisait aussi avec les mots qui me donnait faim. Du coup, quand on me disait que Jérôme rimait avec arôme, je faisais tout pour ne pas écouter.
Par contre, j'étais doué en mathématiques: comment utliser l'argent de poche de mes parents pour me gaver de bonbons en cachette, combien de goûters je devais racketter pour me venger de ces idiots de grossophobes...
Ma puberté fut tardive, et je ne comprenais pas que quelque part, j'aimais etre gros. Comment pouvais-je aimer être ridiculisé au point qu'une fille me montre que j'avais des seins, des moobs comme on dit, en le prouvant par un bonnet B qui m'allait?
J'ai mis une droite à un troisième qui se moquait de moi, en cinquième à quatorze ans,  puis ai été renvoyé du college puis placé de force en alternance.
On voulait que je sois éboueur, pour oublier l'échec du système éducatif me concernant.
J'ai vécu chichement pendant une bonne partie de ma vie, dans une masure mal isolée, c'était le sort réservé à l'idiot du village.
Il y a deux ans, un collègue remplaçant mon binôme, voit ma fiche de paie.
"Tu te fais arnaquer Jérôme, ton contrat n'est pas en règle."
Je ne voyais que les chiffres, et ils me permettaient de rester gros.
Quand j'ai compris qu'ils auraient dû être plus élevés, j'étais furieux, à part celui qui est devenu mon meilleur ami et moi, personne ne travaillait sérieusement. Mes différents binômes ne tenaient pas le choc.
Le maire me convoque, m'explique pourquoi il ne peut pas tenir compte de mon ancienneté, et me donne le numéro d'une formatrice pour adultes à Auxerre. Je n'ai pas de voiture. On me conseille le bus. On veut que je m'en aille. Tant pis pour eux.
La femme que je vois est mince et rousse, comme je les aime. Elle n'est pas condescendante, elle me comprend.
Elle voit mes chaussures. Elles avaient vingt ans à l'époque. Je savais les racommoder, et avec une bedaine comme la mienne, c'est du boulot.
Elle me propose une VAE de cordonnier, soufflée par paraît-il un vrai talent.
Au bout de quelques mois, elle devient de moins en moins professionnelle, mais de plus en plus sympathique, elle souhaite me voir, et je comprends enfin l'impensable: elle est amoureuse de moi!
Et alors que je n'avais fait aucun progrès jusque là en orthographe, tout se débloque. J'ai envie de l'impressionner, et ça marche.
Et quand je parade au bras de cette intellectuelle, et jolie en plus, dans mon village, le silence s'est fait. Et au lieu de se moquer de moi, je vois de la jalousie dans leurs yeux.
Le lendemain de mon retour à la campagne, je vais au bistro du centre-bourg,
Je remplis ma grille de loto.
À l'annonce des résultats, Paris m'appelle. Je suis gagnant au rang 2, je peux m'acheter une maison pour y établir mon amour et une cordonnerie.
Un jour, Sylvie, celle qui est maintenant ma femme, me dit:
"Je suis jalouse de toi.
-Pourquoi? J'aimerais tellement être grosse. Je mange autant que toi et je ne prends pas un gramme. Laisse-moi te gaver, tu grossiras pour deux."
J'accepte, m'etonnant moi-même de cette décision.
Dix kilos après, une femme tout bonnement énorme passe à peine la porte de notre boutique. Je comprends tout de suite. Des chaussures sur mesure. Pointure 39 1/2, extra larges, cuir vachette, semelle orthopédique renforcée.
Elle me lance en partant: vous devriez lancer un site internet.
Je finis par me lasser de cette prise de poids à sens unique. Jusqu'à hier mon quarantième anniversaire.
Jérôme!
Pour une fois, je crois que ma gourmandise se verra!
Une seule chose me permettrait de te croire. Non! Tu es...
Oui! Enceinte! De jumeaux!
Tu vas avoir un ventre aussi gros que le mien, hehe!
Mon histoire est terminée, je vis heureux avec ma femme qui me laisse enfin accepter mes cent quarante kilos sans avoir à m'empiffrer par procuration.
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Alors comme ça, je suis un BHM, plus ou moins un gainer et elle veut que je sois feedee? Et elle une feeder, une FFA et une gaineuse frustrée? Intéressant...
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ça sent le vécu? Ou le raconté, non? 'fn t'es pas obligé de répondre mais on dirait (presque) un résumé de vie...?

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MessageSujet: Re: Le cordonnier et l'écrivain public   Ven 31 Oct 2014, 19:07

très joli histoire fossilman. Une happy end sa aide toujours
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MessageSujet: Re: Le cordonnier et l'écrivain public   Ven 31 Oct 2014, 19:46

Tout est inventé. Je prends vos deux remarques comme des compliments. Par contre j'ai un point commun avec le héros de Tjalmar: j'ai sauté une classe étant enfant, pas la même que pour ce héros toutefois. Et le thème de l'orthographe est venu des joutes verbales sur ce thème dans une autre section du site...
En gros je fais d'une pierre deux coups: une histoire avec un angle d'attaque inhabituel et une façon tout aussi inhabituelle d'avancer un argument.
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MessageSujet: Re: Le cordonnier et l'écrivain public   Aujourd'hui à 05:27

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